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Cameroun : La Sosucam perd environ 30 000 tonnes de sucre par an à cause des changements climatiques

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Vue de face du siège de la Sosucam

Pour atténuer l’effet des aléas climatiques sur sa production, la filiale du groupe Somdiaa conduit un programme d’investissement de 45 milliards de FCFA pour l’irrigation de 5000 hectares de canne à sucre.

La Société sucrière du Cameroun (Sosucam) accuse le coup des dérèglements climatiques au Cameroun. Selon les statistiques officielles, les changements climatiques limitent les rendements entre 5,5 et 6 tonnes par hectare, alors que l’objectif est de 7 tonnes. En d’autres termes, les pertes de rendent dues aux aléas climatiques oscillent entre une tonne et 1,5 tonne à l’hectare. Sachant qu’à date, la filiale du groupe français Somdiaa exploite à peu près 24 000 hectares de terre pour la culture de la canne à sucre, cette agro-industrie perdrait jusqu’à 30 000 tonnes de sucres chaque année à cause de la sévérité des saisons sèches. Un volume énorme pour l’industrie qui projette d’atteindre une production de 160 000 tonnes à l’horizon 2020. En valeur relative, les changements climatiques font perdre environ 23% de la production actuelle (130 000 tonnes) de la Sosucam. Selon Guillaume Ranson, directeur général adjoint de la Sosucam, cette situation est « très préjudiciable » pour le leader du marché local du sucre.

Irriguer 5000 ha en  10 ans

C’est pour stopper cette saignée que l’entreprise a lancé un projet d’acquisition d’un système moderne d’irrigation. Le projet lancé depuis 2015 vise à irriguer 5000 hectares grâce à un système d’irrigation de rampes pivotantes. Soit 4000 hectares de plantation sur le site de Nkoteng et 1000 hectares à Mbandjock.Sur ces deux sites, mise en œuvre de ce projet nécessite une bagatelle d’environ  45 milliards de FCFA à investir d’ici 2023. Déjà, la première phase du projet qui concerne les parcelles de Mbandjock est pratiquement bouclée.

Pour cette étape dimensionnée à 1000 hectares, Sosucam a sollicité l’expertise de la Société Canal de Provence pour installer ce dispositif qui irrigue les parcelles à partir de la rivière Nia. La mise en place de la station de pompage, des pivots d’irrigation, etc.,  dans cette partie couté environ 5 milliards de FCFA selon le directeur financier de la Sosucam. Pour la seconde phase du projet, l’eau d’irrigation sera pompée à partir du fleuve Sanaga puis acheminée jusqu’aux plantations de canne à sucre de Nkoteng dans la Haute-Sanaga.

60% de gain de rendement

Au cours de la période expérimentale, les résultats obtenus par ce procédé ont été très promoteurs. Alors que les parcelles non irriguées présentent des rendements compris en 5,5 et 6 tonne à l’hectare,  les ingénieurs de la Sosucam ont observé un gain de plus de 60% du rendement de canne pour atteindre les 10 tonnes/hectare sur les parcelles irriguées.  « Cet essai a prouvé qu’en période de sécheresse, en raison d’un rayonnement solaire plus élevé et d’un apport d’eau raisonné par irrigation, la synthèse du sucre de canne et sont accumulation sont favorisées », explique-t-on à la Sosucam.

Baudouin Enama

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