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Campagne Cacaoyère 2019-2020 : Ambam célèbre son cacao

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Logée dans le département de la Vallée du Ntem, région du Sud Cameroun, la ville a été prise d’assaut par les acteurs de la filière le mardi, 5 novembre 2019 dans le cadre de la cérémonie de vente groupée de la fève rouge brique du terroir. Évènement au cours duquel le prix au kilogramme est remonté à 1 220 FCFA.

Au-delà de tout soupçon. Le spectacle vécu à Ambam le 5 novembre 2019 ne présageait rien de tel. Après plus d’une heure de débats entre les trois importateurs présents à la cérémonie de vente groupée du cacao, l’inimaginable s’est produit. Le kilogramme de cacao a atteint le prix de 1 220 FCFA, grâce aux efforts de Telcar cocoa. Ses concurrents ETBS Ndongo Essomba et Olam ayant respectivement abdiqué à 1 100 FCFA et 1 215 FCFA. Les cultivateurs de la Vallée du Ntem vont ainsi percevoir 20 FCFA de plus que ceux de Biakoa dans le Mbam et Kim, où la vente groupée a statué le prix à 1 200 FCFA/kg, le 18 octobre 2019.

Pour les planteurs, la nouvelle est plutôt bonne. Toutefois, Luc Magloire Mbarga Atangana, ministre du Commerce a tenu à remercier les exportateurs qui « ont accepté de réduire leur marge bénéficiaire » à l’avantage des « seigneurs de la terre » que sont les producteurs. Par ailleurs, il lance l’appel pour une collaboration permanente entre les deux parties prenantes, en vue d’encourager les producteurs. Mieux encore, il faut « un mariage de raison entre producteur et acheteur, et non de tromperie », comme l’indiquait le Mincommerce.

L’appel des producteurs

La vente groupée à Ambam a certes fait des heureux mais, « pour bien vendre il faut également bien produire », indique René Assoumou, PCA de la coopérative Ntum-Ayong. Malgré sa superficie de 20.000 hectares cultivés et ses 26 000 tonnes de production annuelle, l’association fait tout de même face à de nombreuses difficultés. En effet, le tonnage du cacao de ce bassin de production enrichit plutôt les autres bassins. Conséquence, les producteurs ne perçoivent pas de ristournes. Toutefois, ce « géant aux pieds d’argile », doit faire face non seulement au vieillissement du verger, mais aussi celui des producteurs.

A côté de cela on peut ajouter,  le traitement approximatif des produits phytosanitaires, la faible création de nouvelles plantations et le taux élevé de la moisissure du fait de la production durant la grande saison des pluies. Pourtant des efforts ont été faits par les pouvoirs publics notamment, à travers  les projets et programmes mis en place pour pallier à ces difficultés.

Ainsi, pour une meilleure qualité du cacao dans ce bassin de production, les planteurs dressent une liste de doléances aux pouvoirs publics. Entre autres, l’appui à la lutte mécanique et phytosanitaire des vergers pour un renforcement optimum des plantations, le préfinancement des  activités post-récolte, la dotation du matériel roulant pour la couverture maximale du bassin de production en matière de groupage.

L’occident à l’assaut de la fève camerounaise

Les étrangers accordent de plus en plus un intérêt au cacao du Cameroun. Le 21 octobre 2019, une délégation du groupe belge Puratos a effectué une visite, à Ntui dans la région du Centre. Selon le Mincommerce,  l’intérêt de Puratos pour le cacao camerounais est un nouveau témoignage de la particularité et de la qualité de la fève camerounaise, qui attire de plus en plus des industriels. En visite d’exploration de l’itinéraire qualité du cacao camerounais, Eddy VAN Belle, PCA de Puratos s’est également rendu le 22 octobre 2019 à Zoétélé, dont le Centre d’excellence est déjà opérationnel et à Akomnyada, pour visiter une plantation témoin. La raison de cette visite est pourtant simple. En effet, il est question de valoriser la culture du cacao pour en produire plus tard du chocolat.

Outre Puratos, la Confédération des chocolatiers et confiseurs de France (CCCF), trouve également son compte au Cameroun. Elle est d’ailleurs déjà en partenariat avec les coopératives de producteurs camerounais. Groupe agroalimentaire opérant dans la boulangerie, la pâtisserie et la chocolaterie, Puratos traite plus de 200 000 tonnes de fèves de cacao chaque année, pour la fabrication de ses différents produits.

Le repositionnement du Cameroun

Les industriels s’intéressent à deux principaux facteurs, pour l’achat du cacao. Notamment, la protection de l’environnement et la non implication des enfants pour la culture du cacao. Cependant, le premier producteur mondial (Côte-d’Ivoire) est le premier accusé du non-respect de ces principes. Toutes choses qui découragent les potentiels acheteurs étrangers.

C’est donc une aubaine pour le pays. « Les producteurs camerounais ont là des motifs de fierté mais aussi des motifs qui doivent les amener à travailler davantage, à travailler mieux », signale Mincommerce. Reste à présent aux producteurs de bien traiter leur cacao car, où qu’elle se trouve la qualité attire toujours les plus grands.

Julie Bilo’o Lindjeck

 

 

 

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