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Yoko : une ancienne ville coloniale incarne l’ambition REDD+ du Cameroun

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Cameroun// Zone tampon entre la partie méridionale verdoyante et la partie septentrionale sahélienne du pays, la commune de Yoko tient un projet de protection d’une forêt estimée à 135 000 hectares. Sans abattre d’arbres, la commune pourra tirer des revenus stables sur le marché du carbone à l’échelle internationale. Pierre Nka, Le Quotidien de l’économie 
 
Sans même couper le bois de sa forêt communale, la mairie de Yoko est assurée de recevoir des milliards de FCFA (des millions d’Euros) grâce à l’adoption d’un plan de protection de 29 500 hectares de forêt. La pratique peut surprendre dans un contexte où la coupe légale et surtout illégale du bois prospère au Cameroun. Alors que les grumiers se relaient sur la route en mauvais état, la mairie de Yoko a décidé de préserver la forêt inscrite dans son patrimoine depuis le 14 janvier 2011, suite à un décret du Premier ministre et conformément à l’article 20 de la loi forestière de 1994.
En obtenant sa forêt communale, l’exécutif municipal de Yoko pensait d’abord pouvoir résoudre de manière ponctuelle les difficultés financières pour le développement de la municipalité.  Mais l’’inventaire mené par le cabinet d’expertise Le Serbie se révéla décevant. Après diagnostic, « cette forêt qui était pourtant sollicitée en vue de l’exploitation du bois d’œuvre était très pauvre en essences exploitables de valeur ». Comme un couperet, cette conclusion venait ainsi mettre fin aux espoirs de développement fondés sur l’exploitation forestière. « C’était sans compter avec le contexte international de changement climatique » explique Dieudonné Annir, le maire de la commune de Yoko. En effet, c’est sous son orchestration que la pauvreté en essences exploitables de la forêt communale aller devenir source de richesse. Car l’étude cartographique montre que la forêt communale et sa périphérie sont en pleine reconstitution. Du pain béni pour le chef de l’exécutif communal informé sur les problématiques liées au changement climatique, et au courant du fonctionnement du REDD+, conçu pour aider les pays en voie de développement à diminuer leurs émissions liées à la déforestation à travers un système de compensation.
C’est ainsi, qu’au lieu d’une exploitation sauvage, la mairie de Yoko opta pour la protection de son couvert forestier. Soit 29 500 hectares avec une extension sur un rayon de 10 km autour de la forêt communale, portant du même coup la superficie à protéger à 135 000 hectares. Pour la protection, l’exécutif communal de Yoko a mis en place un projet de conservation de la forêt communale. L’idée de projet sera par la suite présentée au Programme nationale de développement participatif (PNDP). Et à la suite d’un concours national ouvert pour l’implémentation du REDD+ au niveau communal, l’idée du projet de Yoko a retenu l’attention dans la zone agro écologique des forêts denses à pluviométrie bimodale qui couvrent les régions du Centre, du Sud et de l’Est du Cameroun.
 
2 milliards à investir pour 5 milliards FCFA de crédit carbone
 
En s’engageant à protéger sa forêt communale par la mise en place de zones d’activités agro-sylvo-pastorales durables, l’initiative entraînera des bénéfices carbones, des bénéfices directs non-carbones et d’autres externalités socio-environnementales, selon le maire de Yoko. Les projections des bénéfices carbones montrent notamment que la protection de la forêt communale permettra la séquestration d’environ 1 400 000  tonnes de gaz carbone. Et, selon les données de référence de Ecosystem Marketplace en 2014, le prix moyen des Voluntary Carbon Unit (VCU) issus des projets REDD+ varie sur le marché de crédit carbone entre 3 et 7 dollars US la tonne. En ne gardant que le bas de la fourchette, soit  3 dollars US la tonne, pour prendre en compte la baisse du prix du crédit carbone sur le marché, la commune de Yoko devrait tirer près de 4 000 000  US$ (3,400, 000 au cours des 30 prochaines années.
Pour assurer la protection de sa forêt communale entre 2017 et 2047, la commune de Yoko a besoin d’un investissement de 2 000 000 000 FCFA (3 millions ) soit 220 300 000 FCFA (335,000 pour la première année, informe Dieudonné Annir, le maire de Yoko. Avec cet investissement, la protection de la forêt communale produira 7 500 000 000 FCFA (11 million), soit un résultat net de 5 600 000 000 FCFA (8,5 millions ) sur 30 ans. Le projet a déjà bénéficié d’une garantie d’investissement de l’Agence française de développement de 200 000 000 FCFA (300,000) tirés des fonds du Contrat désendettement développement signé entre le Cameroun et la France en 2006 dans le cadre de l’annulation de la dette bilatérale entre les deux pays. Avec cette garantie financière, la commune de Yoko entend se positionner davantage comme une commune verte au Cameroun. Un projet de création d’une forêt urbaine dans le nouveau quartier administratif commence d’ailleurs à sortir de terre. Il en est de même des éco quartiers pour porter l’écodéveloppement via le Projet REDD+. Comme Yoko, 12 autres communes camerounaises se préparent à rentrer dans le marché carbone à travers des projets de protections de leur forêt.

Lutte contre le gaspillage et les déchets : la vente en vrac se démocratise

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France//La vente en vrac représente 1,5% des achats en France. L’association Réseau Vrac accompagne et forme les entrepreneurs tentés par l’expérience. Par Agathe Mercante, Les Echos

 
Exit rayons surchargés de produits aux emballages colorés, aux tailles et aux contenus délimités qui s’étendent à l’infini dans les grandes-surfaces. Moins de déchets, moins de gaspillage, (un peu) moins cher… L’achat en vrac, qui régnait en maître jusque dans les années 1960 et l’apparition des premiers supermarchés, amorce son grand retour.
Ce système de distribution, qui consiste à vendre des produits exempts d’emballages et que le client peut acheter au poids connait ces dernières années un regain d’intérêt en France. « Aujourd’hui, le vrac représente 1,5% des achats, mais en 2027, il pourrait prendre une part plus importante, de l’ordre de 6 à 7% », estime Célia Rennesson, directrice de l’association interprofessionnelle Réseau Vrac.
Les consommateurs se soucient désormais de l’impact écologique des emballages et surtout du gaspillage. Selon une étude du Commissariat général au développement durable, publiée en mars 2017, 47% des Français sont vigilants sur la quantité de déchets induite par leur mode de consommation. Et ils sont 97% à éviter de gaspiller. « Le vrac s’adresse à toutes les catégories socio-professionnelles sans limite d’âge. Il peut autant plaire aux CSP+ qui souhaitent manger mieux qu’aux étudiants qui ont des besoins alimentaires et un budget restreints », détaille Célia Rennesson.
Lancée en 2016, l’association compte 250 adhérents et représente tous les acteurs – porteurs de projet, commerçants, fournisseurs – de la filière de la vente en vrac en France et dans le monde. Pour l’heure, l’essentiel des adhérents à Réseau Vrac se situe en France, en Belgique, au Luxembourg, en Suisse et en Espagne. Initialement réservée aux porteurs de projets d’épiceries 100% vrac, proposant des produits frais (légumes, fruits, fromages, viandes) et secs (pâtes, riz, céréales), l’association s’est récemment ouverte aux commerçants qui aménagent des espaces de vente en vrac aux côtés des produits conditionnés. Elle dispense des formations aux porteurs de projets, de la création d’une épicerie vrac à sa gestion, en passant par une sensibilisation aux normes d’hygiène en vigueur pour ce type de produits.
Mais si l’achat en vrac réduit considérablement les déchets et évite le gaspillage – les consommateurs ne choisissent-ils pas exactement la quantité qu’il leur faut ? – il n’est pas pour autant synonyme d’importantes d’économies financières. Un kilo de riz, acheté en vrac ou conditionné coûtera à peu près le même prix. Certains produits peuvent néanmoins être jusqu’à 40% moins chers lorsqu’ils sont achetés en vrac, comme les épices par exemple.
La tendance du vrac s’inscrit dans un mouvement plus vaste : celui du vivre-mieux. « Les consommateurs veulent manger local et de saison. Ils sont également plus attentifs à la qualité des aliments », note la directrice de Réseau Vrac. Mais le modèle connaît ses limites, à commencer par sa taille. « Pour l’instant, ce type de commerce est circonscrit à de petits volumes, les épiceries vrac excèdent rarement plus de 60m² », estime-t-elle.
Autre barrière – et de taille : tous les produits ne sont pas accessibles à la vente en vrac. Il est aujourd’hui impossible de vendre des produits d’appellation d’origine contrôlée (AOC) ou d’origine protégée (AOP). Un comble pour ces spécialités culinaires françaises, estampillées locales, qui trouveraient facilement leur public auprès des acheteurs en vrac. Par crainte du trafic de contrebande, l’huile d’olive n’est pas non plus éligible à ce type de vente.
Les associations ne désarment pas pour autant. Réseau Vrac a récemment demandé à être reçue par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert et participe activement aux états généraux de l’alimentation, qui ont débuté en juillet 2017. Via une consultation publique par Internet et une série d’ateliers thématiques jusqu’en novembre, ils permettront une “mise à plat” générale des pratiques pour favoriser la mise en place d’une chaîne de production, de distribution et de consommation qu’ils espèrent plus durable et plus équitable.
 

Miser sur le Blue Crude

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Allemagne//En Allemagne, les ingénieurs de Sunfire ont créé un carburant neutre pour le climat, substitut au pétrole brut. Prochain défi : la rentabilité. Par Franz Hubik, Dresde

 
Pour donner davantage de poids à ses arguments, Nils Aldag, 31 ans, se plaît à utiliser des marqueurs de couleur. Un après-midi récent, le jeune chef d’entreprise s’est approché d’un tableau blanc pour y dessiner un diagramme aux barres noires, rouges et vertes. Chacune représentait une source d’énergie. Sous la plus longue barre, il a inscrit le mot « pétrole » en lettres majuscules, puis le mot « gaz », sous la seconde, et enfin, « électricité », sous la plus courte. « Le monde dans lequel nous vivons tourne grâce aux combustibles fossiles », explique-t-il alors. « L’intégralité de notre infrastructure dépend du pétrole et du gaz. »
Aujourd’hui, en Allemagne, les énergies solaire, éolienne et hydraulique fournissent plus d’un tiers de toute l’électricité. Mais les énergies renouvelables comptent pour moins de 14 % de l’énergie utilisée par les secteurs du chauffage, de la chimie et des transports. « Tous les produits conçus à partir de ces carburants ne peuvent pas être fabriqués avec de l’énergie verte », poursuit le trentenaire. « Certains articles de la vie de tous les jours – des chaussures de sport aux produits de beauté n’existeraient pas sans pétrole brut. ». Résultat : le pétrole et le gaz représentent toujours plus de 60 % de la consommation d’énergie.
Nils Aldag possède une solution : Blue Crude, un carburant de substitution neutre pour le climat. Ce « fluide miraculeux » artificiel permet de fabriquer des milliers de produits d’habitude conçus à base de pétrole. Dans l’usine de Sunfire, au sud de Dresde, cette alchimie aux accents futuristes sonne déjà comme une réalité. Créée en 2010 par Nils Aldag et ses associés − Carl Berninghausen et Christian von Olshausen −, l’entreprise réunit près de cent collaborateurs et se spécialise dans l’électrolyse et la technologie des piles à combustible.
À ce jour, Sunfire a produit trois tonnes de Blue Crude. Son processus breveté consiste à tirer le meilleur parti de l’énergie verte pour fabriquer des molécules d’hydrocarbone. Comment ? L’énergie éolienne ou solaire alimente des électrolyseurs qui utilisent les hautes pressions pour séparer l’hydrogène et l’oxygène contenus dans la vapeur d’eau. Puis on ajoute du dioxyde de carbone à l’hydrogène vert, que l’on réduit en monoxyde de carbone. À la fin du processus, on obtient du Blue Crude. Les raffineries pourront l’utiliser pour créer des cires, des lubrifiants ou du carburant automobile ou aéronautique.
Les carburants de synthèse se distinguent de leurs équivalents naturels par leur couleur « cristalline au lieu de noir de jais », décrit Nils Aldag. Ils ne contiennent ni soufre, ni autres impuretés ; lorsqu’ils sont brûlés, ils dégagent de l’oxyde d’azote, « simple à éliminer par filtrage », selon le chef d’entreprise. Le principal atout de ce substitut du pétrole est sa capacité à s’intégrer parfaitement aux infrastructures existantes – des raffineries aux dépôts d’essence en passant par les moteurs à combustion.
Blue Crude a reçu un accueil favorable de la part du secteur industriel. Le constructeur automobile bavarois Audi et le principal constructeur aéronautique au monde, Boeing, sont partenaires du projet. La compagnie pétrolière Total, l’entreprise du secteur de l’énergie tchèque ČEZ et le fonds d’investissement Electranova Capital figurent parmi les investisseurs de poids ; le géant de l’assurance Allianz et le constructeur automobile PSA soutiennent également Sunfire.
Or, le modèle économique de l’entreprise pose un problème de taille : le pétrole et le gaz sont si bon marché que le Blue Crude ne présente actuellement aucun intérêt au plan financier. « Dans le cas des combustibles fossiles, la nature a œuvré seule durant des milliers d’années. Recréer ce processus de manière artificielle a un coût », déclare Michael Starner, spécialiste des sources et des réseaux d’énergie à l’université technique de Ratisbonne. « Le pétrole et le gaz resteront plus abordables que le Blue Crude jusqu’à ce que le prix du dioxyde de carbone dépasse largement 100 euros par tonne. » À ce jour, les industries européennes doivent reverser moins de 7 euros pour chaque tonne de dioxyde de carbone émise.
Nils Aldag a demandé aux pouvoirs publics d’intervenir. S’ils décident de décarboner l’ensemble de l’économie, les secteurs de l’industrie chimique et des transports à usage industriel auront besoin de carburant synthétique, là même où l’énergie verte et les piles se heurtent souvent à leurs limites physiques.
D’autres problématiques de coût entrent également en jeu. À l’instar des panneaux photovoltaïques il y a 20 ans, le prix des électrolyseurs devra baisser drastiquement pour assurer la compétitivité du Blue Crude. De plus, à l’heure actuelle, Sunfire n’automatise aucune des étapes de son cycle de production ; tout est réalisé à la main. « Avec une production industrielle, nous pourrions réaliser d’énormes économies d’échelle », plaide Nils Aldag. C’est la direction qu’envisage de prendre Sunfire avec ses partenaires norvégiens : d’ici 2020, l’entreprise entend produire 8 000 tonnes de Blue Crude chaque année au sein d’un équipement de grande ampleur.
Avec ses projets expérimentaux, Sunfire réalise aujourd’hui un chiffre d’affaires de plus de 10 millions d’euros chaque année. À long terme, Nils Aldag espère amasser des milliards. Son objectif ? « Faire de Sunfire le Linde ou l’Air Liquide de demain », affirme-t-il. « Mais tributaire des énergies renouvelables. »

 

Pour réussir, l’économie circulaire nécessite un objectif commun

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Elisa Tonda, responsable du Service production et consommation du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE)
Monde//Elisa Tonda est responsable du Service production et consommation du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Dans cet entretien, elle évoque les actions du programme en faveur de l’économie circulaire et les défis qu’il reste à relever.
Que fait le PNUE pour promouvoir la transition vers une économie circulaire ?
Elisa Tonda : Nous avons tout d’abord des initiatives, comme le Panel international des ressources et la Life Cycle Initiative, visant à développer les connaissances scientifiques et à informer sur l’économie circulaire. Cela nous aide à comprendre les opportunités, tendances et statistiques mondiales afin de diriger nos interventions vers les problématiques les plus pertinentes et susceptibles de réussir. La consommation et la production durables sont l’un des objectifs de développement durable [des Nations unies]. Notre travail dans ce sens fournit une base solide pour accompagner la transition vers l’utilisation efficace des ressources et la circularité – un concept que nous aidons les gouvernements intéressés à intégrer dans leur cadre réglementaire.
Nous avons également une approche pragmatique avec les entreprises. Nous nous concentrons sur les PME des pays émergents et développés qui souhaitent participer à la transition mondiale vers l’économie circulaire et ont besoin de conseils et de recommandations pour le faire.
Nous continuons également notre action auprès du secteur financier, via la UN Environment Finance Initiative (UNEP) et les acteurs – banques, sociétés de gestion d’actifs, compagnies d’assurance – qu’elle regroupe, afin d’introduire la circularité dans les instruments financiers.
Enfin, nous promouvons des styles de vie plus durables auprès des consommateurs. Gérer le cycle complet de la matière implique que tout le monde soit aligné et que les efforts portent sur le même objectif, depuis nous, en tant qu’individus, jusqu’aux grands consommateurs que sont les gouvernements.
L’efficacité de l’économie circulaire dépend-elle du contexte, ou la stratégie est-elle la même partout ?
ET : Les solutions pour initier l’économie circulaire varient selon le contexte. Il serait difficile d’envisager des solutions standards qui s’adapteraient à chaque situation. Certaines approches peuvent inspirer tout un chacun : celles faisant évoluer la réflexion du produit au service, ou à l’extension de la durée de vie des produits. Mais des solutions plus spécifiques doivent aussi être imaginées pour prendre en compte les points particuliers d’une chaîne de valeur donnée, de la composition des produits aux processus de fabrication, en passant par les infrastructures existantes et les options de recyclage.
 Quels sont les exemples de législations nationales particulièrement réussies ?
ET : Beaucoup de travail reste à faire en matière de réglementation. Il est aujourd’hui difficile d’identifier le bon équilibre entre les instruments législatifs à mettre en place pour une transition complète vers l’économie circulaire. En travaillant avec un certain nombre de pays, nous avons cependant vu que certaines mesures permettent de renforcer un environnement favorable à l’introduction de la circularité dans le cadre réglementaire. Par exemple en matière de gestion des déchets ou de politiques d’innovation.
Une autre approche réussie est de collaborer avec les gouvernements en tant qu’acheteurs, via leurs politiques d’approvisionnement. Pour vous donner une idée de l’impact de cette approche, je citerais l’Afrique du Sud, dont les achats représentent jusqu’à 29 % du PNB.
Les législateurs progressent-ils dans la bonne direction, et suffisamment vite ?
ET : Pas encore. Les bonnes initiatives sont nombreuses, mais il faut en effet accélérer. Notre système et nos infrastructures sont construits selon une logique linéaire. C’est au niveau des villes et des autorités locales que je vois les choses avancer à un rythme plus soutenu. Des exemples intéressants d’expériences ont été partagés lors du World Circular Economy Forum, qui s’est tenu à Helsinki en juin 2017. Plusieurs villes ont expliqué comment elles progressent vers plus de circularité dans la mobilité, la construction ou les infrastructures de gestion des déchets.
Quels conseils donneriez-vous aux cadres dirigeants ?
ET : Le tout premier conseil serait d’être ouvert à la collaboration et d’unir ses efforts avec d’autres entreprises, des clients et des régulateurs. Il est extrêmement difficile d’arriver à circulariser l’économie si les différentes parties prenantes ne sont pas alignées et concentrées vers un même objectif.
Je les invite également à prendre en compte toute la vie d’un produit, et tout le système qui se déploie derrière. Parfois, la solution au problème ne réside pas à proximité immédiate, mais nécessite d’explorer au-delà, en travaillant avec les fournisseurs et/ou les clients, afin de concevoir de nouvelles solutions. Enfin, ils devraient chercher les opportunités latentes dans les villes où un environnement très dynamique se prête déjà à la circularité.
Comment faire en sorte que tout le monde se sente concerné ?
ET : Le niveau individuel est très important. L’implication des individus va souvent de pair avec une évolution de l’état d’esprit : la pratique «d’acheter vite, jeter vite » cède le pas à une manière plus efficace d’utiliser les ressources à notre disposition. Des études sur l’industrie de la mode et du textile montrent à quelle vitesse nous abandonnons ce que nous avons porté, et combien notre habillement sous-utilise les ressources. Il s’agit donc de changer les mentalités afin de n’acheter que ce dont nous avons besoin et de nous assurer, une fois que le produit ne peut plus être réparé, que d’autres feront bon usage de la matière qui le compose.

Zenata, une des premières éco-cités africaines

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Maroc//D’une superficie de 1.830 hectares, l’éco-cité est conçue selon une philosophie ambitieuse: faire des contraintes de son territoire des opportunités. Elle intègre d’une manière durable trois piliers fondamentaux: l’environnemental, le social et l’économique. Par Aziza El Effas, L’Economiste
 
L’année 2018 sera celle des réalisations concrètes pour l’Eco-cité de Zenata à Casablanca, capitale économique du Maroc. Le projet commence à sortir de terre après une décennie de gestation. A ce jour, 3 milliards de DH (environ 280 millions d’euros) sont déjà injectés dans les infrastructures (voiries, giratoires, échangeur…). Après libération du foncier, un travail de fond sur ces infrastructures est en cours afin de désenclaver le site. Un processus qui prendra bientôt fin. Prochaine étape : la livraison du 1er quartier résidentiel aux promoteurs immobiliers fin 2017. «Ce qui est important dans un pôle urbain, ce ne sont pas les constructions, mais le travail sur les infrastructures», déclare Abdellatif Zaghnoun, DG du groupe CDG qui porte ce projet, via sa filiale Société d’Aménagement de Zenata (SAZ). Aujourd’hui, Zenata est considérée comme une des premières éco-cités africaines. Elle est aussi l’une des dernières réserves stratégiques d’ampleur pouvant résorber les déséquilibres socio-économiques entre l’Est et l’Ouest de la région du Grand Casablanca.  Si le processus d’expropriation et de recasement des habitants de la zone a pris des années (depuis 2006, date de la déclaration du site d’utilité publique), les travaux semblent enfin prendre leur rythme de croisière.
 
Eviter le scénario de « cité dortoir »
 
La longue phase d’assainissement du territoire a été mise à profit pour peaufiner le concept. Une planification minutieuse s’imposait avant de passer à la phase d’exécution d’une ville dynamique pour éviter le scénario de «cité dortoir». D’autant plus que le taux d’échec des villes nouvelles est de 75% dans le monde.
Mais la tâche n’est pas des plus aisée. Il s’agit de construire une ville intelligente en termes de mobilité, d’accès aux soins, d’équité sociale, d’exploitation de l’espace public, de sécurité, de gestion des réseaux et de traitement des déchets.
D’une superficie de 1.830 hectares, l’Eco-cité bénéficie d’une situation géographique exceptionnelle, à mi-chemin entre Rabat et Casablanca, les capitales administrative et économique du Maroc. En plus d’être au croisement des principales infrastructures du pays – routières, ferroviaires, logistiques, aériennes- ce qui lui garantit une interconnectivité territoriale optimale, le site possède une double exposition, à la fois sur la côte et l’intérieur des terres: il s’étire sur 5,3 km le long de la façade Atlantique et 3,5 km de la mer à l’autoroute Casablanca-Rabat.
 
Mixité sociale et spatiale
 
L’Eco-Cité Zenata a été conçue sur la base des 3 piliers fondamentaux de développement durable: l’environnemental, le social et l’économique (voir aussi encadré). A travers une mixité sociale et spatiale, le projet a pour ambition de créer une nouvelle centralité urbaine en mesure de répondre aux enjeux liés à l’émergence de la classe moyenne, notamment via le développement de services à forte valeur ajoutée. Le développement de Zenata comprendra trois activités de services, constituées en pôles de productivité. Le premier est celui de l’éducation. Le pôle santé comprendra, quant à lui, une unité de soins privée avec un bouquet de spécialités à fort potentiel. Le 3e pôle, commercial, se positionne comme une véritable destination de commerce et de loisir familial. La 1ère phase de ce projet a été ouverte au public en mars 2016 comprenant le magasin Ikea.
 
ENCADRÉ
Aménagement urbain novateur
■ Gestion des éléments naturels (air et eau)
Le sens des vents est étudié pour permettre la ventilation naturelle de la ville. Ce qui permettra une réduction de la température de 2 à 3 degrés en été et une régulation de l’humidité en hiver. Les eaux de pluies, collectées et acheminées vers des bassins de rétention, serviront  pour l’irrigation des espaces verts.
■ Altermobilité
Deux types de mobilité sont prévus: collective et douce. Ainsi, une gare multimodale offrira l’accès à différents modes de transport (RER, tram, bus). De même, des parcours cyclables de 12 km sont prévus (pour cyclistes et piétons), avec les principaux équipements de proximité accessibles à 10 mn en vélo.
■ Ville verte et ouverte
Zenata sera la seule ville marocaine qui dépassera le ratio d’espaces verts par habitant préconisé par l’OMS (soit 10 m2/habitant). En effet, avec ses 470 hectares d’espaces verts (le tiers de la superficie globale), ce ratio pourrait dépasser les 15 m2/habitant. Un corridor écologique (ou axe métropolitain) formera une sorte de «colonne vertébrale» de la ville, autour de laquelle se structure la 1re zone de développement (40 hectares). Cet axe sera animé par des équipements culturels, sportifs, de loisirs, un parc (150 hectares) qui débouchera sur le littoral, avec une promenade de 5 km (hôtels, restaurants…).

Yaoundé : un projet d’agriculture urbaine germe sur les bouteilles plastiques usées

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Des jeunes s'initient à l'agriculture urbaine à partir des bouteilles plastiques usées

Cameroun// Portée par l’association Jeunesse et développement durable pour l’Afrique (J2D_Afrique), la promotion d’une agriculture bio en milieu urbain est une réponse à  la rareté des terres dans plusieurs villes du pays. Pierre Nka, Le Quotidien de l’économie

 
À Yaoundé, la capitale politique du Cameroun, à chacune des averses, des bouteilles plastiques flottent sur les eaux du Mfoundi, la rivière qui serpente cette ville administrative. La situation est telle que, de ville rivière à l’origine, Yaoundé avec ses 3 millions d’habitants s’apparente désormais en saison de pluie à une ville poubelle. Un cliché que l’association J2D_Afrique entend effacer à travers son projet de promotion de l’agriculture urbaine. Jean François Kondzou, le coordonnateur national de cette association a choisi de donner une seconde vie aux bouteilles plastiques usées. « Ce que l’homme ordinaire appelle déchet est désormais perçu comme le point de départ d’une nouvelle richesse » lance Jean-François Kondzou au cours d’une formation pratique organisée le 8 septembre 2017 au quartier Biyem-Assi dans le septième arrondissement de Yaoundé.
Parmi les participants, se trouve Adrienne Tchapmi, médecin généraliste. Elle rêve déjà d’un potager à domicile. « De mère agronome, je compte produire mes légumes et mes fruits bio et participer à la sécurité alimentaire et à la protection de l’environnement », souffle ce médecin fraîchement sortie de la faculté de médecine de l’université de Yaoundé I. Devant la vingtaine de participants, Adrienne Tchapmi pousse une nouvelle source de motivation « l’agriculture urbaine est une forme de décoration naturelle de notre cadre de vie ». C’est aussi là, l’un des objectifs recherchés par le promoteur de J2D_Afrique.
 
L’agriculture urbaine améliore les rendements
 
Face à la rareté des terres en milieu urbain, l’agriculture urbaine à partir de bouteilles plastiques usées se présente comme une alternative à Yaoundé, une ville sous pression démographique. « C’est en ville que les jeunes sont à la recherche du travail. Il devient urgent de construire et la pression est telle que le milieu périurbain finit par disparaître » explique Jean – François Kondzou. Et son hypothèse est claire : « lorsqu’on parle d’urbanisation, on parle de maisons. Qui dit maisons, dit béton et qui dit béton ne rime pas avec agriculture ». Et naturellement, avec le bétonnage des surfaces jadis cultivables, les besoins alimentaires demeurent. À J2D_Afrique, la solution repose donc sur la production de légumes dans des kits de bouteilles plastiques et de sacs de riz usés. Pour produire le substrat nécessaire à cette agriculture urbaine, la terre est achetée dans la périphérie de Yaoundé à raison de 1 000 FCFA, l’équivalent de 1,54 euro pour un sac de 50 Kg.
Sous forme d’échelle, les bouteilles plastiques sont reliées par des cordes et accrochées au mur des habitations. Quant aux sacs potagers d’environ 50 Kg, ils sont déposés dans un coin externe du domicile. Ce dernier équipement de culture présente un avantage compétitif. Alors que sur une surface horizontale un plant de grande morelle occupe 1 m², 24 plants peuvent être disposés aux abords d’un sac potager de 80 à 90 cm équivalents à 1 m².
 
Sécurité alimentaire et respect de l’environnement
 
Au-delà de ces rendements élevés, c’est davantage vers la lutte contre les changements climatiques que converge la promotion de l’agriculture urbaine au sein des ménages. Il s’agit des derniers utilisateurs des bouteilles sorties des entreprises brassicoles ou provenant des produits importés. Face à l’incapacité de l’Etat du Cameroun à faire respecter l’arrêté conjoint du Ministère de l’Environnement et de celui du Commerce de 2012, et entrée en vigueur en 2014, interdisant la commercialisation ou l’importation des bouteilles plastiques à faible densité, J2D_Afrique compte sur les ménages pour assainir l’environnement.
«Le développement durable ce n’est pas seulement une affaire de machine et d’équipements. C’est une affaire d’homme » explique Jean François Kondzou. Dans sa stratégie itinérante de promotion de l’agriculture urbaine dans les orphelinats et plusieurs centres d’accueil de jeunes en souffrance, J2D_Afrique prêche « l’agriculture urbaine pour la satisfaction des besoins physiologiques car, en produisant ses propres légumes dans des bouteilles plastiques usées, les ménages et les jeunes garantissent leur sécurité alimentaire et protègent l’environnement ».
La  présence de Serge Bitjah ingénieur agronome parmi les participants à la formation en agriculture urbaine n’est donc pas surprenante.  Recruté au projet d’appui à la lutte antifongique dans la filière cacao café du ministère de l’Agriculture, il y voit désormais une possible reconversion. Après avoir été flatté par le côté esthétique de l’agriculture urbaine, et la limitation de l’utilisation des pesticides, Serge Bitjah soutient « qu’il est possible d’envisager une agriculture urbaine relativement extensive pour la commercialisation, tout en assurant la consommation du ménage et sous le regard des enfants, principaux bénéficiaires des techniques de développement durable ».
 
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