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Commerce : La Zone de libre-échange continentale africaine entre officiellement en vigueur

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Réunis au 12e sommet extraordinaire de l’UA, les Etats membres ont lancé la Zlecaf avec l’adhésion de quatre nouveaux pays, le 7 juillet 2019 à Niamey au Niger.

Accélérer l’intégration économique du continent. Tel est l’objectif de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), dont la phase opérationnelle est entrée en vigueur, le 7 juillet 2019 au Niger. De manière assez inattendue, quatre nouvelles adhésions à la  Zlecaf ont marqué l’ouverture du sommet. Notamment, celles du Nigeria qui a longtemps fait durer le suspense, du Bénin, du Gabon et de la Guinée Equatoriale. A ce jour, l’accord a été ratifié par 27 pays tandis que 54 pays sur 55 l’ont signé.

Le déclenchement

La signature de l’accord pour la création de la Zlecaf a eu lieu, le 21 mars 2018 à Kigali au Rwanda. Un accord auquel 44 pays membres de l’Union africaine ont adhéré. Mais, l’élément déclencheur reste les dernières ratifications de la Sierra Leone et  de la République arabe sahraouie démocratique, qui ont porté à 22 le nombre de ratifications. Soit le seuil requis par la commission de l’institution pour le lancement de la Zlecaf.

Règles d’origine

Les 1er et 2 juillet 2019, les ministres africains du Commerce étaient réunis au Niger dans le cadre du processus des négociations en cours dans le cadre de la première phase de l’établissement de la Zlecaf. La rencontre avait pour  but d’examiner les progrès enregistrés dans les domaines techniques clés de négociation.  Concrètement, la présentation des listes de concessions tarifaires et les questions en suspens sur les règles d’origine Zlecaf. Toutefois, la première phase de la mise en place de la Zone de libre-échange continentale africaine couvre trois grands chapitres. Parmi lesquels, le Commerce des Marchandises (Concessions Tarifaires, Règles d’origine, Mesures Sanitaires et Phytosanitaires, Barrières Techniques et Non Tarifaires, Mesures Commerciales Correctives, Coopération Douanière, Transit et Facilitation du Commerce), le Commerce des Services touchant en première étape une liste des secteurs prioritaires (services aux entreprises, services financiers, Communication, Transport et Tourisme, ainsi que la Coopération Réglementaire)  et le règlement des différends. En ce qui concerne la deuxième phase, il s’agira plutôt des cadres juridiques liées à la Concurrence, les Droits de Propriété Intellectuelle, et l’Investissement.

 Défis

Les épreuves de la Zlecaf sont nombreuses et importantes. Entre autres l’abaissement des droits de douane et la simplification des procédures aux frontières. Celles-ci sont destinées à augmenter en dix ans les échanges intra-africains de 15% à 25% du commerce total du continent. Mais, elle devra également démanteler les obstacles non tarifaires et organiser les paiements électroniques transfrontaliers. Cependant, la « règle d’origine » devra être reprécisée. Pour bénéficier de l’exemption des taxes, un produit doit être majoritairement fabriqué avec des intrants africains, même si la proportion reste encore inconnue.

Avec la concrétisation de la zone de libre-échange, le continent africain s’ouvre sur un marché potentiel de 1,2 milliard de consommateurs, au produit intérieur brut combiné de 2,5 milliards de dollars. Des chiffres qui pourraient faire de l’Afrique la plus grande zone de libre-échange dans le monde. De même,  la réduction des droits de douane intra-africains, l’une des conditions de la Zlecaf pourrait également générer des gains de 3,6 milliards de dollars sur le continent grâce à une augmentation de la production.

Julie Bilo’o Lindjeck