Accueil Economie Commerce : Les Etats africains résistent à ratifier l’accord de libre-échange continentale

Commerce : Les Etats africains résistent à ratifier l’accord de libre-échange continentale

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Photo de famille à Kigali le 21 mars 2018 après la signature de l’accord prévoyant la mise en place d’une zone de libre-échange continentale par 44 pays africains

C’est le constat fait au cours de la conférence des ministres africains de l’Economie de la Commission économique pour l’Afrique (CEA) des Nations Unies qui a eu lieu du 11 au 15 mai  en Ethiopie.

44 pays africains ont signés en grande pompe le 21 mars 2018 à Kigali au Rwanda l’accord prévoyant la mise en place d’une zone de libre-échange continentale (Zlec). Seulement, ce projet risque de prendre du temps pour ce concrétisé. En effet, a date d’aujourd’hui, sur les 44 pays ayant signé l’accord, seul deux pays l’ont ratifié. Il s’agit du Ghana et du Kenya. Les deux pays ont d’ailleurs déposés leurs documents de ratification de la Zlec le 11 mai 2018 à Addis-Abeba en Ethiopie. Ceci en marge de la 51ème session du comité d’experts de la Commission économique pour l’Afrique des (CEA) au sein des Nations Unies qui s’est achevé le 15 mai 2018 dans la capitale éthiopienne.

Cette décision a été saluée par le président de la Commission de l’Union Africaine, Moussa Faki Mahamat. « Je félicite le Ghana et le Kenya qui ont été les premiers Etats membres de l’UA à avoir déposé les instruments de ratification auprès de la Commission de l’UA », a déclaré Moussa Faki Mahamat. Il a d’ailleurs appelé les autres pays à suivre l’exemple du Ghana et du Kenya. Il faudra cependant que 22 pays au moins sur les 44 ayant signé l’accord prévoyant la mise en place de la Zlec le ratifient afin qu’il entre en vigueur. L’objectif établi pour une entrée en vigueur de l’accord est fixé à janvier 2019. Un timing que plusieurs pays, à commencer par l’Afrique du Sud, jugent trop juste pour accomplir le processus de ratification.

Faire de la Zlec un outil puissant de développement

Au cours de la 51ème session du comité d’experts de la Commission économique pour l’Afrique  (CEA) au sein des Nations Unies, les membres ont insisté sur la possibilité de faire de la Zlec un outil  puisant qui permettra de stimuler l’industrialisation, la diversification économique et le développement. La réunion d’Addis-Abeba qui a débuté le 11 mai 2018 et qui s’est achevé hier avait pour but de faire progresser cette initiative dite ambitieuse visant à former un marché commun régional qui selon la CEA pourrait faire passer le commerce intra-africain de 16 % à 52 % d’ici à 2022.

« Nous devons exploiter la dynamique qui existe aujourd’hui, afin de mettre en œuvre l’accord et réaliser son potentiel de manière à ce qu’il profite à l’Africain moyen. L’action la plus importante et la plus urgente consiste à créer l’espace fiscal  permettant de favoriser les investissements publics et privés, tout en assurant une diversification économique, en vue de créer des emplois. Les gouvernements africains doivent revoir de manière plus large les politiques macroéconomiques, en particulier, les mesures fiscales, afin de s’assurer qu’elles permettent de tirer le meilleur profit de la Zlec », a déclaré au cours de la session la Camerounaise Vera Songwe, secrétaire exécutive de la CEA. Dans la même veine, elle a ajouté : « Nous devons accroître les recettes fiscales, améliorer l’efficacité de la gestion des dépenses publiques, lutter contre les flux financiers illicites et développer les financements privés pour les projets publics ».

Hervé Fopa Fogang

 

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