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Conjoncture : L’ONU menacée par une grave crise de liquidités

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Dans un communiqué publié mardi 8 octobre 2019, le secrétaire général de l’Organisation, Antonio Guterres a appelé les pays membres de l’ONU à verser de toute urgence et en totalité leurs contributions régulières évaluées au budget de l’institution.

Alerte rouge.  Le fonctionnement de l’Organisation des Nations-Unies (ONU) menacé par une grave crise de liquidités. Dans une déclaration publiée par son porte-parole, le Secrétaire général a indiqué qu’il avait écrit aux Etats membres « sur la pire crise de liquidités que l’ONU ait connue depuis près de 10 ans ».  « Ce mois-ci, nous risquons même d’épuiser les réserves de trésorerie spéciales consacrées au maintien de la paix, et de débuter le mois de novembre sans avoir assez de fonds pour verser les salaires  et les fournisseurs», a déclaré le chef de l’ONU devant le 5e Comité de l’Assemblée générale des Nations Unies sur le budget prévisionnel 2020.

Les mesures prises

Soulignant que verser les contributions de manière urgente et complète était le seul moyen d’éviter un défaut de paiement risquant de perturber les opérations de l’Organisation au niveau mondial. Le Secrétaire général a en outre demandé aux gouvernements de s’attaquer aux raisons sous-jacentes de la crise et de s’entendre sur des mesures visant à assainir l’ONU sur le plan financier », a déclaré le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric.

A la fin du mois de septembre 2019, 70% seulement du montant total de la cotisation pour l’année avaient été versés, contre 78% à la même période l’an dernier. Au 8 octobre, les Etats membres ont versé 1,99 milliard de dollars au titre du budget ordinaire pour 2019, a déclaré Stéphane Dujarric. Si l’Organisation n’avait pas « maîtrisé ses dépenses globalement depuis le début de l’année, le déficit de trésorerie en octobre aurait atteint 600 millions de dollars, ce qui signifie qu’il n’y aurait pas eu suffisamment de liquidités pour payer le débat de l’Assemblée générale et les réunions de haut niveau du mois dernier. A ce jour nous avons évité toute perturbation majeure des opérations » souligne le  secrétaire générale  de l’organisation.

Mais ceci ne suffit plus, il faut  que les Etats membres règlent leur contribution budgétaire en totalité.  Le Secrétariat général a donc décrété de nouvelles mesures pour limiter les dépenses, notamment en réduisant encore les déplacements officiels, en reportant les achats de biens et de services et en suspendant les événements prévus en dehors des heures de travail dans les sièges de l’Organisation.  En outre, des conférences et des réunions peuvent avoir à être reportées ou les services à fournir revus en baisse. D’autres options sont également à l’étude. Cela affecterait non seulement les opérations dans les principaux bureaux des Nations Unies à New York, Genève, Vienne et Nairobi, mais aussi les commissions régionales, a-t-il prévenu.

Le Secrétaire général a remarqué que ce problème récurrent entrave sérieusement la capacité du Secrétariat à remplir ses obligations envers les peuples qu’il sert. «  Nous sommes désormais conduits à organiser les travaux en fonction des fonds disponibles, au risque de nuire à la mise en œuvre des mandats décidés par les organes intergouvernementaux.  Par conséquent, le Secrétaire général en appelle aux Etats membres pour qu’ils traitent sans délai des raisons structurelles responsables de cette crise annuelle ».

Les pays redevables

Antonio Guterres, Secretaire général de l’ONU

C’est à cause des  retards de paiement de leurs contributions obligatoires par plusieurs pays que l’ONU se refuse à identifier publiquement. Selon des sources onusiennes, les principaux mauvais payeurs accusant de gros retards sont les Etats-Unis, le Brésil, l’Argentine, le Mexique et l’Iran. D’après l’agence  de presses Reuters, la mission diplomatique américaine à l’ONU a confirmé que les Etats-Unis étaient redevables de 381 millions de dollars (347,66 millions d’euros) pour de précédents budgets et de 674 millions de dollars (615,03 millions d’euros) pour l’année en cours. Un représentant a indiqué que la contribution serait transmise, comme chaque année, durant l’automne.

Au total, 64 pays doivent de l’argent à l’ONU. Parmi eux figurent le Venezuela, la Corée du Nord, la Corée du Sud, la République démocratique du Congo, la Centrafrique, Israël, le Mali ou l’Arabie saoudite. Bien que 129 Etats sur 193 aient maintenant acquitté leur cotisation annuelle régulière, le dernier en date étant la Syrie.  Et « soulignant l’obligation des pays membres en vertu de la Charte (de l’ONU), le secrétaire général a remercié les pays membres qui ont versé leurs contributions régulières au budget, et appelé ceux qui ne les ont pas versées à le faire de toute urgence et en totalité », indique un communiqué publié par Stephane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général de l’ONU.

Josiane J. Ondomboe

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