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Consommation : Besoin de 1 400 milliards FCFA pour sortir de l’importation du riz

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La facture est présentée par le ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire afin d’atténuer le déficit de la balance commerciale à l’horizon 2024.

Un bilan amer. Suivant les données fraîches du ministère de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat), le Cameroun a importé un volume de 628 400 tonnes de riz blanc en 2017. Conséquence immédiate, le pays présente un déficit de la balance commerciale de près de 184 milliards FCFA. Une contreperformance qui se creuse au fil des ans puisque le déficit se situait à 135 milliards FCFA par an depuis 2010.

Alors que les FCFA s’envolent, la production nationale de riz stagne. Ainsi, en 2017, le riz paddy produit localement est estimé à 333 076 tonnes quasiment, le même volume depuis 2011. Ce rendement n’est pas à la hauteur du potentiel. Sur la note d’évaluation du Minepat datée du 3 octobre 2019, en termes d’espaces cultivables, il est possible d’avoir un rendement de 4,5 à 7 tonnes à l’hectare ce qui naturellement permettrait au Cameroun d’avoir une production de 1,5 million de tonnes de paddy par an.

Au-delà de la production, le Cameroun éprouve des difficultés pour la transformation du minimum produit. Sur 222 000 tonnes de riz paddy en moyenne au cours de la dernière décennie, la transformation locale oscille autour de 20%. Dans cette hypothèse, l’ouverture du marché alimente aujourd’hui  la réexportation illégale du riz importée vers les pays frontaliers, soit une moyenne annuelle estimée à 316 000 tonnes.

La difficulté du Cameroun à satisfaire sa consommation nationale de riz est causée par l’exploitation de seulement 17% des 33 000 hectares de terres aménagés à ce jour pour le riz irrigué. Pour inverser la tendance, la restitution d’une étude pour la relance de la filière riz organisée le 30 septembre 2019 à Yaoundé a permis d’identifier quelques solutions. La première recommandation est d’injecter 1 400 milliards FCFA dont, près de 60% dudit budget pour l’aménagement des rizières. Entre autres préalables figurent la mise en place d’un cadre de coordination pour veiller à la synergie des initiatives de développement, la structuration de la filière, notamment le rôle des acteurs, la disponibilité et l’accessibilité des intrants : semences améliorées et adaptées.

Sous l’égide du Minepat, il est inscrit une promotion de l’utilisation des bonnes pratiques culturales et une mécanisation appropriée à travers le renforcement des capacités des acteurs, la promotion de la 1ère et 2ième transformation avec une emphase sur les normes et la qualité ainsi que l’amélioration du cadre règlementaire et légal. Pour que la stratégie de communication soit efficace, entre 2019 et 2024, le Cameroun devra produire 1,4 million de tonnes de riz paddy représentant 1 million de tonnes de riz marchand et accroître le niveau de transformation de 65% à 100%. L’ambition d’un made in Cameroun dans les plats est à nouveau lancée pour le riz, un aliment très consommé dans les différentes couches sociales.

Pierre Nka

 

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