Accueil Aujourd’hui Crise anglophone : Mission périlleuse de Cabral Libii à Batibo

Crise anglophone : Mission périlleuse de Cabral Libii à Batibo

800
0
Partager

De retour de cette localité emprise aux attaques sécessionnistes, le candidat de l’Univers à la Présidentielle  au Cameroun dit avoir vécu « l’enfer » sur son chemin.

Un voyage à tombeau ouvert. C’est ainsi qu’on pourrait qualifier le déplacement de Cabral Libii, candidat du parti Univers à la Présidentielle de 2018 en séjour dans la ville de Bamenda, arrondissement de Batibo. Annonce a été relayée par le concerné sur page officielle Facebook, puis reprise sur les antennes de Canal 2 par son chargé de communication au cours de l’émission « Canal Presse ». Dans son témoignage,  le président du Mouvement « 11 Millions d’inscrits »  soupire « Gloire à Dieu », puis déroule l’histoire « Je viens de rallier Bamenda rentrant de Batibo. Le compatriote qui nous conduisait natif de la localité, a dû prendre une voie détournée dans la forêt pour le chemin retour. A 100 mètres de nous, ça tirait sans cesse. Nous étions obligés de nous réfugier avec d’autres compatriotes dans la maison, toutes portes closes. Je l’avoue, je n’avais jamais vécu une situation aussi stressante ».

En bon témoin oculaire, celui dont l’abnégation à occuper le fauteuil présidentiel se précise de bout en bout rappelle à tous les Camerounais, la gravité du problème « Mes chers compatriotes je vous assure, il ne s’agit pas de francophones contre anglophones, ni de l’armée contre les civils bien au contraire, parce que les soldats et militaires qui y campent, sont tout aussi victimes et je suis sensible à la courtoisie que tous m’ont réservée tout au long du trajet… ». Toutefois précise-t-il « Mobilisons-nous pour que nos frères et sœurs qui sont là-bas sortent du désarroi ». Batibo est une ville quasi-fantôme. A Bali je me suis arrêté pour rendre visite à une compatriote qui a pris une balle hier à la cuisse dans un contrôle de routine… Situation totalement surréaliste ».

Cabral Libii à Batibo

On se souvient, Batibo, dans la région anglophone du Nord-Ouest est le théâtre d’un mouvement terroriste séparatiste anglophone. C’est dans cette zone que Marcel Nemata Diteng, le sous-préfet avait été enlevé le 11 février 2018 par un groupe séparatiste. Sa voiture avait été retrouvée à Batibo, avant le défilé de la fête de la Jeunesse qu’il devait présider et qui, de fait, ne s’est pas tenue, selon le député de Batibo présent sur place, Joseph Mbah-Ndam. « On a constaté que la voiture du sous-préfet a été emportée et brûlée par des inconnus dans un endroit isolé. Je ne sais pas s’il a été effectivement enlevé ou alors s’il a pu s’enfuir », avait déclaré dimanche à l’AFP le député du premier parti d’opposition, le Social Democratic Front (SDF), et vice-président de l’Assemblée nationale. Toujours dans cette localité, plusieurs  civils ont été enlevés puis tués par leurs ravisseurs. Comme l’atteste le plan d’assistance humanitaire d’urgence dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest regroupent les habitants anglophones du Cameroun, soit 20% de la population. Elles sont secouées depuis plus d’un an par une profonde crise socio-politique, qui s’est peu à peu muée en conflit armé de basse intensité. Ces attaques constituent les plus sérieuses confrontations entre forces de sécurité, et bandes armées proches de la mouvance sécessionniste, depuis le début de la crise.

Christelle Belibi