Accueil High Tech Déploiement : Le poids de Huawei en Afrique

Déploiement : Le poids de Huawei en Afrique

15
0
Partager

Le numéro un chinois des télécommunications est de plus en plus rejeté par les pays occidentaux, Etats-Unis en tête. En revanche, dans les pays en développement, l’entreprise est toujours la bienvenue, notamment en Afrique où elle est présente depuis plus de vingt ans.

La controverse concernant les violations de données et les vols de propriété intellectuelle ne semble pas être une préoccupation majeure dans l’équation sino-africaine. Dire que Huawei a fait mouche sur le marché africain est un euphémisme. En travaillant avec les marques locales, l’entreprise chinoise est parvenue à proposer des produits ciblés pour les besoins technologiques des pays en développement.

A l’heure actuelle, Huawei est la marque de smartphones enregistrant la croissance la plus rapide en Afrique. Généralement, les prix de ses produits sont environ 15 % moins cher que ses concurrents européens Nokia et Ericsson.

Les gouvernements africains « likent » Huawei

L’entreprise chinoise fait partie des trois entreprises de télécommunications les plus importantes opérant à travers le continent. Du fait de sa tarification stratégique, Huawei est une entreprise incontournable pour les gouvernements africains en difficulté, qui ont des déficits budgétaires colossaux mais sont déterminés à ne pas rester à la traîne, alors que le monde embrasse une technologie toujours plus avancée.

Huawei a investi de façon massive dans les infrastructures technologiques majeures africaines. Jusqu’à présent, Huawei et l’équipementier en télécommunications ZTE ont déjà établi plus de 50 réseaux de 3G dans plus de 36 pays africains, et les deux entreprises chinoises ont établi des réseaux e-gouvernementaux dans plus d’une trentaine de pays d’Afrique.

Au Kenya par exemple, les systèmes d’e-gouvernement ont permis à la population d’accéder à des services essentiels de manière plus rapide, plus productive et plus efficace. Le continent s’est reposé fortement sur les entreprises chinoises, dont Huawei, pour passer de la 3G au réseau 4G désormais largement utilisé.

Les pays africains semblent friands des technologies proposées par Huawei. Safecity, son application de reconnaissance faciale pour assurer la sécurité publique avec un maillage de caméras, est déjà installée dans les rues de Nairobi ainsi qu’à Maurice. Huawei en a fait la démonstration à Abidjan en présence du ministre de l’Intérieur. Par ailleurs, Huawei à travers son Vice-président, Mark Xueman a été reçu en audience le 19 août 2019 par Alamine Ousmane Mey, ministre en charge de l’Économie au Cameroun afin de proposer des solutions d’un meilleur numérique au pays d’Arthur Zang.

Un projet de 5G sur tout le continent

Huawei est en train de mettre en œuvre des essais pour le déploiement de la 5G avec les opérateurs de télécommunications les plus importants d’Afrique, comme Safaricom.

Une fois encore, cette stratégie correspond à la volonté de trouver des solutions locales à des problèmes et des retards technologiques spécifiques aux pays concernés. Jusqu’à présent, l’entreprise chinoise a signé au moins 22 contrats commerciaux pour une mise à niveau technologique en 5G et travaille avec plus de 50 opérateurs de réseaux sur des essais commerciaux de la 5G à travers l’ensemble du continent.

30 000 ingénieurs à former en Afrique

Le Groupe de Shenzhen est en train de construire les installations de plus de 80 % des réseaux 4G en Afrique et tire l’équivalent de 50 000 kilomètres de fibre optique à travers le continent. « Nous étions souvent considérés comme la marque chinoise vendant seulement des téléphones bon marché.

Ce n’est plus le cas. Aujourd’hui nous vendons des appareils entre 500 et 700 dollars la pièce, essentiellement à la classe moyenne africaine et nous installons sur le continent les télécoms de demain. Nous sommes déjà numéro deux en Afrique», a mentionné un responsable du Groupe.

Lors du dernier sommet Chine-Afrique à Johannesburg, Huawei était le seul représentant des télécoms chinois dans la délégation officielle du Forum des entrepreneurs. Charles Ding, l’un de ses vice-présidents, a présenté son programme « Afrique connectée » dont l’un des aspects consiste à installer des réseaux de téléphone portable dans plus de 500 villages africains, comme en Zambie, et à former 30 000 ingénieurs.

Une nouvelle approche du commerce en Afrique pour contrer la mauvaise image qui colle souvent à la peau des entreprises chinoises.

Plus de 5 000 employés sur le continent

Les deux tiers du personnel de Huawei en Afrique sont en effet des employés locaux. Une stratégie là encore bien différente de la plupart des multinationales chinoises qui font surtout appel à des expatriés.

Résultat : la marque multiplie les mariages comme avec Camtel au Cameroun, Orascom en Egypte ou Etisalat en Centrafrique. Au total, une quarantaine de partenariats ont déjà été signés. En termes les perspectives, le rapport est optimiste. « Quelque 660 millions d’Africains devraient être équipés d’un Smartphone en 2020, un nombre qui aura pratiquement doublé par rapport à 2016 », selon les chiffres du cabinet Deloitte, cités par le journal Le Monde.

Les IT Center à travers l’Afrique

Les pays africains se réjouissent des investissements les plus récents de Huawei. Un centre de stockage en Afrique du Sud ou encore une usine d’assemblage de téléphone qui vient d’être inaugurée en Algérie. Par ailleurs, dans plusieurs pays d’Afrique, le géant de télécoms installe les IT Center à travers le continent. C’est le cas dans les pays comme le Cameroun, la Côte-d’Ivoire, l’Afrique du Sud pour ne citer que ceux-ci.

Pour mémoire, Huawei débarque sur le continent africain en 1998 au Kenya. Il devient très vite un partenaire incontournable dans une quarantaine de pays. En participant de près ou de loin au lancement de la 3G puis de la 4G et maintenant de la 5G.

C’est aussi un fournisseur de téléphone puisqu’il détient 15% du marché. Pour accompagner cet essor des télécoms africain, il a ouvert une douzaine de centres de formation, des sites industriels et c’est aussi l’entreprise qui a pris l’initiative du câble sous-marin reliant l’Asie à l’Afrique. « Nous sommes arrivés en Afrique en 1999 », explique Roland Sladek, vice-président du groupe pour la zone Europe, Afrique et Moyen-Orient.

« Nous avons commencé à nous déployer dans des pays comme l’Egypte, l’Afrique du Sud, le Kenya et le Nigeria. Là où la classe moyenne est importante. Notre objectif a toujours été de bâtir une relation à long terme avec nos clients africains », explique-t-il. Fondée par Ren Zhengfei, un ancien colonel de l’armée populaire de libération à la fin des années 1980, Huawei, emploie aujourd’hui 170 000 personnes.

Esther Fossi