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Pierre-Marcel Favre a été fait hier mardi 4 septembre Commandeur de l’Ordre national au nom de Chef de l’Etat par le ministre des Arts et de la Culture.

S’il fallait illustrer le rayonnement international des éditeurs romands, Pierre-Marcel Favre en serait l’exemple parfait. Après avoir accumulé les honneurs en Côte d’Ivoire, en France et en Albanie, où il  a été doublement nommé officier des Arts et des Lettres et officier de la Légion d’honneur,  le Vaudois est depuis hier mardi 4 septembre 2018 promu commandeur de l’Ordre national du Cameroun, sans passer par les grades intermédiaires. « Pierre-Marcel Favre, au nom du président de la République et en vertu des pouvoirs qui me sont conférés nous vous faisons Commandeur de l’ordre national ».

Au Musée national, l’éditeur, promoteur culturel et journaliste a reçu du ministre des Arts et de la Culture un ruban assorti d’une médaille autour du cou.  Par cet acte, le Cameroun exprime sa reconnaissance à l’éditeur de « Pour le libéralisme communautaire »,  ouvrage publié en 1987, qui retrace la vision politique de Paul Biya. Devant une collection des membres du gouvernement en l’occurrence, Peter Mafany Musonge, président de la Commission nationale pour la promotion du bilinguisme et du multiculturalisme,  le chancelier des Ordres académiques Jacques Fame Ndongo, l’éditeur vaudois a dit sa gratitude. « Je suis vraiment très touché. C’est un sentiment de grande émotion et de grande gratitude. C’est une consécration inattendue pour ce que j’ai fait de modeste pour les éditeurs du Cameroun et d’Afrique. Ça me fait une grande fierté venant du Président de la République, du ministre des Arts et de la Culture ».

Comment s’explique la popularité de Pierre-Marcel Favre? Par le Salon du livre, d’abord, que Pierre-Marcel Favre a créé en 1987, dirigé et présidé jusqu’en 2011. Le Vaudois s’était d’abord attiré les foudres du Tout-Lausanne à l’époque, en implantant le Salon à Palexpo en terre genevoise: «Les reproches ont duré longtemps, avait  expliqué l’éditeur, d’une voix aussi grave que basse. J’étais un peu le grand traître de ne pas organiser le Salon du livre à Beaulieu. Mais Palexpo est simplement supérieur en termes de logistique.»

Réseauteur professionnel, mais également grand voyageur, Pierre-Marcel Favre a visité plus de 105 pays: «Je connais pas mal l’Afrique, je suis même allé dans des endroits dits pourris, comme la Somalie ou l’Erythrée. J’ai une grande curiosité pour les pays méconnus.» Les pays qui manquent encore à son palmarès? «Ces îles du Pacifique qui se ressemblent toutes, quelques pays d’Afrique également. Et l’Afghanistan. Mais j’ai fait l’Ouzbékistan, le Turkménistan, le Pakistan, etc.»

Baroudeur dès sa jeunesse, il a mis le cap sur l’Algérie en 1962: «C’était la fin de la guerre et j’avais 17 ans. Une expérience forte.» A cet âge, il passe aussi son brevet de pilote, qu’il complète par une licence chez Swissair quelques années plus tard. Bien qu’il n’ait jamais «volé pro», il a quelque 2600 atterrissages à son actif.

Christelle Belibi

 

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