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Environnement : Des appareils de collecte de données météorologiques à l’université de Yaoundé I

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Lors de l'installation des appareils à l'Ecole normale supérieure de Yaoundé

Fonctionnels depuis le 3 décembre 2018, ils ont été octroyés par l’université d’Oxford dans le cadre de deux  projets : Umfula et Impala.

Par Hervé Fopa Fogang

L’Ecole normale supérieure de Yaoundé possède en son sein depuis le 3 décembre 2018 deux appareils qui permettent d’avoir des informations fiables sur le climat de Yaoundé, et par extension une meilleure connaissance de celui du Cameroun et de l’Afrique centrale. Il s’agit d’une station météorologique automatique et d’un LiDAR (Light detection and ranging, détection et télémétrie par les ondes lumineuses). L’installation de ces appareils se fait à la suite d’une convention signée en avril 2015 par l’Université de Yaoundé I et l’Université d’Oxford. L’objectif étant de mieux comprendre les mécanismes qui gouvernent la variabilité du climat du Cameroun et de l’Afrique centrale. En signant cette convention, l’université de Yaoundé I s’engageait ainsi à travailler dans deux projets à savoir Umfula et Impala.

Umfula est une initiative qui a pour objectif d‘améliorer la compréhension du climat de l’Afrique centrale et australe afin de favoriser un développement résilient au changement climatique. Il fournira des enseignements transférables à d’autres contextes africains et capables d’influencer de nombreuses stratégies et politiques régionales. Aussi, Umfula « cherche à apporter un soutien à la planification relative à l’utilisation des ressources, aux investissements dans les infrastructures et aux priorités sectorielle pour la croissance en identifiant des voies robustes et résilientes dans un contexte de changement climatique et d’autres facteurs de stress non liés au climat ».

Le projet Impala quant à lui vise à mettre en œuvre un changement radical dans les capacités des modèles climatiques globaux susceptible de réduire l’incertitude et de permettre d’effectuer des évaluations plus éclairées. Impala mettra au point «  pour la première fois, un modèle panafricain à très haute résolution (maille d’environ 4 km) pour mieux saisir les processus clés et transporter l’échelle des phénomènes météorologiques y compris extrêmes au niveau local ». Aussi, il permettra de mieux comprendre les rôles joués par ces processus dans la variabilité et les changements climatiques en Afrique.

Selon Cath Senior, investigateur principale Impala, en mettant en œuvre un changement radical dans les capacités de modélisation du climat sur l’Afrique à créer de nouvelles informations concernant le rôle des processus jusque-là irrésolus qui contrôlent la variabilité climatique régionale et les changements à l’échelle du continent, « le projet Impala mettra en place un élément clé pour autonomiser les décideurs grâce  à des informations pouvant être utilisées pour réduire les risques pour la santé, les ressources en eau et l’agriculture afin de contribuer à protéger les moyens de subsistance des plus vulnérables ». Ceci au moment où il est difficile pour les décideurs de planifier des actions d’adaptation efficaces et de renforcer la résilience dans un contexte d’informations insuffisantes et souvent contradictoires en matière de climat.

Une équipe jeune  pour des projets d’envergure

Le Pr. Richard Washington , enseignant à l’université d’Oxford qui a fait le déplacement du Cameroun avec le Dr. Sebastian Engelstaedter de la même université le 3 décembre 2018 pour l’installation de la station météorologique automatique et du Lidar avait affirmé que l’équipe qui travaille dans le cadre des projets Impala et Umfula a une bonne compréhension du climat de l’Afrique centrale. « J’ai beaucoup appris du climat de l’Afrique centrale grâce à l’équipe sur place. Ils ont pu dans leurs travaux révélés des choses que je ne connaissais pas » avait déclaré le Pr. Richard Washington le 3 décembre 2018. En effet, l’équipe que dirige le Dr. Wilfried Pokam Mba, partenaire scientifique pour la sous-région-Afrique centrale des projets Umfula et Impala est  constituée de deux doctorants de l’université de Yaoundé I.

Future climate for Africa

Les projets Umfula et Impala font partie du programme Future climate for Africa (FCFA) financé à hauteur de 30 millions de dollars US par le gouvernement Britannique. FCFA présente « deux opportunités » à savoir : créer des données scientifiques relatives au climat axées sur l’Afrique fondamentalement nouvelles et veiller à ce que ces données scientifiques aient un impact sur le développement humain dans l’ensemble du continent. La disponibilité d’informations de qualité sur le climat est « une fondation cruciale pour la gestion efficace des risques climatiques et l’adaptation à ces derniers. Elle pourrait apporter une contribution vitale à de nombreuses décisions sociales et financières, y compris la préparation aux catastrophes, la sécurité agricole et de l’eau, l’approvisionnement en eau et en énergie… ».