Partager

L’ingénieur camerounais est auteur d’un système de contrôle qualité pour la 5G qui est une clé, produit de l’industrie 4.0 qui s’installe dans le monde.

L’intérêt grandissant des utilisateurs pour les applications mobiles, le partage des vidéos et des live sur les réseaux sociaux fait croître de façon exponentielle la consommation de données chaque année. Une tendance qui ne fera que s’accentuer avec la digitalisation en cours de la société mondiale le Cameroun et l’Afrique y compris, le télétravail, et une panoplie d’applications numériques dans presque tous les domaines, de l’enseignement à la santé, en passant par les finances.

Ces nouveaux besoins en communication amènent les opérateurs de réseaux mobiles de par le monde à planifier une migration de leurs infrastructures afin d’offrir aux abonnés, des services qui répondent aux nouvelles exigences de volume et de qualité des nombreuses applications numériques. La 5G offre à cet effet des débits jusqu’à 100 fois plus élevés que la 4G, et vous pouvez télécharger un film de deux heures en moins de 10 secondes contre sept minutes en 4G ne parlons pas de la durée encore plus longue en 3G, ou participer à une session de réalité virtuelle à partir de votre mobile. Avec un tel débit presque équivalent à la fibre optique, d’autres services comme la télévision par câble ou la Vidéo sur  Demande de pourraient aussi basculer sur la 5G.

Cependant, si les 4 précédentes générations de réseaux mobiles ont surtout répondu aux besoins de communications des humains, la 5G marque un changement radical en offrant surtout des possibilités de communication entre des milliards d’objets, permettant de les connecter dans un réseau Internet des objets (IoT) pour accomplir une tâche et prendre des décisions de façon autonome sans intervention humaine suivant les exigences des applications industrielles qui intègrent ces objets. Une prouesse technologique qui vient booster la quatrième révolution industrielle en perspective, à savoir l’Industrie 4.0.

Dans les usines Smart Factory de l’ère 4.0, l’industriel pourrait ne plus investir dans l’acquisition et la maintenance des machines d’automatisme onéreuses qui constituent souvent le cerveau de la production. Avec la 5G, il pourrait plutôt connecter ses équipements vers des machines d’automatisme virtuelles héberger quelque part dans le cloudet bénéficier d’énormes avantages en termes de coût et zéro maintenance. L’Industrie 4.0 libère aussi la main d’œuvre humaine de certaines tâches routinières ou à risque pour mieux l’exploiter dans le développement de nouvelles applications 4.0 qui amélioreront la performance de nos usines et la satisfaction des consommateurs.

La conception de ces applications industrielles repose sur la garantie de fiabilité et la très faible latence des connexions 5G atteignant des délais de transmission de moins de 10 millisecondes, ainsi que la haute disponibilité des ondes même en présence d’obstacles naturels ou non naturels comme dans les sous-sols d’immeubles, tunnels, mines souterraines. Dans cette galaxie numérique où des milliards d’objets et d’humains partagent la même infrastructure réseau, il faut cependant des mécanismes de contrôle des communications pour garantir à chaque sujet la qualité de service demandée. C’est ici le thème d’un projet de recherche entrepris depuis plus de 2 ans par Constant Wette et une équipe de recherche de l’Ecole Polytechnique de Montreal qui ont développé le Machine Quality of Experience (M-QoE), un nouveau système automatique de mesure et de contrôle qualité des connexions 5G pour l’Industrie 4.0 et utilisant l’intelligence artificielle. Grâce à ses algorithmes d’apprentissage machine, la Machine QoEqui est brevetée par Ericsson a la particularité de détecter automatiquement des objets connectés et leur type d’industrie, puis les défaillances dû au système de communication pour anticiper des corrections afin de garantir une connectivité qui satisfait aux exigences de qualité propres à chaque industrie.

 

Dans un article publié ce mois dans le magazineEricsson TechnologyReview, cet ancien pensionnaire de l’Ecole Nationale Supérieure Polytechnique de Yaoundé et de l’Université de Harvard décrit son invention avec en prime une première application dans la qualité des connexions sans fil utilisées dans les réseaux électriques intelligents “smart grids” où certaines applications exigent des délais de transmissions de l’ordre de 10 millisecondes. Constant Wette est aussi un des architectes de la Smart Factory d’Ericsson à Lewisvilleaux Etats-Unis, une première usine du groupe de l’ère 4.0 qui produit des antennes 5G.

D’autres applications industrielles citées par l’auteur qui pourraient exploiter le Machine QoEsont, les véhicules autonomes qui exigent un niveau de fiabilité très élevée, les systèmes de transport intelligents (STI), la chirurgie à distance et l’IoT industriel (IIoT).

En parallèle à cette publication, Ericsson a lancé aussi un appel à projets d’une valeur de 300 000 dollars à l’attention des PMEs canadiennes désireuses d’expérimenter la Machine QoE dans leurs applications sur le réseau5G canadien ENCQOR.

El Nasri

Partager