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Problème anglophone : Restriction des libertés dans le Nord-Ouest

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Depuis dimanche 9 septembre les populations de cette partie du  Cameroun sont astreintes à suspendre toute activité et regagner leurs domiciles entre 18h et 6h.

Après les violences causées par les assaillants dans la nuit de samedi à dimanche dans la localité de Akum à 10 Km de la ville de Bamenda, la région du Nord-Ouest est depuis lors et jusqu’à nouvel ordre, sous couvre-feu. Ainsi, entre 18 heures et 6 heures du matin, les mouvements des personnes et des biens sont strictement interdits, la circulation des mototaxis suspendue. De même tous les débits de boisson, les snack-bars et les boîtes de nuit resteront fermés dans le même intervalle de temps. Le gouverneur, signataire du décret, met par ailleurs en garde tout contrevenant à ces directives, qui sera puni, annonçait-t-il, selon les lois en vigueur.

Ce n’est pas la première fois que de telles restrictions sont expérimentées dans le Nord-Ouest et principalement à Bamenda. En février et en novembre 2017, les populations avaient déjà été soumises à un tel régime de privation. Ces mesures sont pour autant loin d’intimider les combattants qui se réclament de l’Ambazonie. Le 11 février 2018, ils avaient réussi en plein couvre-feu à enlever le sous-préfet de l’arrondissement de Batibo, exécuté. En cette veille d’élection présidentielle, dans un climat très tendue, la prudence est de mise pour les populations en déplacement sans cette zone de crise.

Bien avant, la ville de Bamenda a été coupée pendant des heures du reste du pays par des hommes armés dans la nuit de samedi à dimanche. Les assaillants dont certains brandissaient le drapeau de l’Ambazonie, s’en sont pris à des bus de transport, tuant un chauffeur et faisant de nombreux otages. L’armée a rétabli la circulation dimanche à la mi-journée. La région est depuis lors et jusqu’à nouvel ordre, sous couvre-feu.

En effet, ces « indépendantistes » anglophones ont pris le contrôle de l’entrée de la ville de Bamenda, précisément au niveau d’Akum, empêchant ainsi tout mouvement de personnes et de biens. A l’aide d’un engin lourd, ils ont défait complètement la chaussée, détruit cinq bus de transport de l’agence « Amour Mezam », avant d’exécuter un chauffeur. Il  s’en est suivi des échanges de tirs avec l’arrivée des forces de défense et de sécurité, et la circulation finalement rétablie, le bilan non officiel fait état de quatre sécessionnistes neutralisés. La circulation rétablie entre le Nord-ouest et le reste du Cameroun à partir d’Akum.

Christelle Belibi