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Le Directeur général d’Electricity developpent Corporation (EDC) s’est exprimé au sujet des nouvelles missions de l’entreprise qu’il dirige à la suite du décret présidentiel du 4 mai 2020.

Qu’est ce qui change avec la réorganisation de l’entreprise?
Le personnel a toujours besoin d’être motivé, d’avoir des perspectives et de savoir où est-ce qu’il va. Encore qu’il est extrêmement jeune, la moyenne d’âge est très faible. Le décret va les remotiver. La structure devient une très grande entreprise avec beaucoup de fonctions et de métiers nouveaux. Pour moi, la conséquence directe de ce décret c’est la réorganisation de l’EDC. Autre conséquence, la remobilisation du personnel qui aujourd’hui a des perspectives, des plans de carrière qui vont au-delà d’EDC.
Quels sont les avantages de ce nouveau décret ?
En réalité EDC faisait pratiquement tout ce qui est dans le décret. Cependant, ce n’était pas clarifié. Ce décret a l’avantage de clarifier le rôle d’EDC. En prenant en compte la régulation de la Sanaga à partir des barrages, EDC le faisait mais les rôles n’étaient pas clairs. En ce qui concerne Lom Pangar, ça fait 5 ans qu’il est en service. EDC vendait de l’eau à Eneo mais n’était pas rémunéré car Eneo disait attendre l’instrument juridique. Dès à présent, les droits d’eau ne seront plus assujettis à quoi que ce soit, le décret clarifie le côté juridique qui est maintenant l’instrument important pour faire vivre EDC. Concernant Memve’ele, EDC conseillait déjà l’Etat aujourd’hui il a le rôle d’exploitant du barrage.

Quelles sont les perspectives en matière d’offre électrique au Cameroun ?
La politique de l’offre est basée essentiellement sur la production hydroélectrique. Nous allons mentionner le barrage de Nachtigal, mais ça ne suffira pas, on ne sortira pas de la spirale de déficit même après Nachtigal. A ce niveau, nous pensons qu’il faut privilégier le partenariat public-privé parce que l’Etat seul ne peut plus assurer la construction des ouvrages hydroélectriques. Il faut maintenant changer de modèle d’investissement pour bénéficier au maximum des financements privés.
Nous avions d’ailleurs travaillé avec un projet dénommé les autoroutes de l’électricité qui pourrait se réveiller. Maintenant avec le rôle que l’Etat confie à EDC, il peut être également le catalyseur du développement de la production hydroélectrique en évitant le surendettement de l’Etat mais en attirant des investisseurs privés, qui pourraient profiter du fait que nous avons beaucoup de sites dans notre pays, sans que ça coûte cher à l’Etat. Je pense à Grand Eweng et autres où il y a pas mal d’investisseurs, mais il faut mettre de l’ordre dans ce genre d’investissement.
D’où le nouveau rôle d’appui conseil qu’arbore désormais EDC. Conseiller l’Etat, choisir de bons projets pour lui sans se faire embobiner dans des choses hasardeuses. Sans énergie il n y a pas de développement industriel. EDC peut donc jouer un rôle important en conseillant l’Etat sur les bons projets.
Quel est le rôle qu’EDC devra jouer dans le segment d’appui-conseil ?
Le décret de 2006 donnait déjà à EDC un rôle un peu de bras séculier de l’Etat. Mais ce n’était pas aussi précisé que dans le décret signé lundi. Ce qu’on peut imaginer c’est que dans l’esprit du président de la République, il y a beaucoup de sujets pour lesquels, de par son expertise et son expérience, EDC est régulièrement sollicité pour donner un avis. Par exemple sur la réhabilitation du barrage de Songloulou, le ministre de l’énergie nous demande notre avis sur un certain nombre de sujets. C’est valable pour tout sujet d’appui conseil et avec comme un bureau d’étude l’Etat ce qui permet d’éviter d’avoir toujours des consultants extérieurs qui ne maitrisent pas le secteur énergétique camerounais.
Au regard de nombreux transferts de ressources de l’Etat à EDC, peut-on le considérer comme un grossiste en matière d’électricité au Cameroun ?
On peut le dire. Par ce décret, l’Etat a clarifié le rôle d’EDC notamment en ce qui concerne la production, en particulier la production hydroélectrique. Dans ce décret on voit que l’Etat revient sur le problème thermique d’urgence qui était un investissement de l’état qui avait mis à la disposition de ENEO pour franc symbolique parce qu’il y avait une défaillance au niveau du système électrique. Par ce décret nous pensons que l’Etat nous confère un rôle pas seulement au niveau de la production hydroélectrique, mais aussi au niveau thermique.
EDC a-t-il les moyens de gérer tout ce patrimoine à lui transféré par l’Etat ?
C’est déjà le cas. Depuis la construction du barrage de Lom Pangar, c’est EDC qui procède à la gestion de l’eau. Notamment les barrages de Mbakaou, Bamendjin, Mabe. Lom Pangar étant géré ensemble, EDC requiert l’autorité pour gérer l’eau de manière optimale. Depuis 4 ans qu’on a mis en service ce barrage, il n’y a plus de problème d’eau dans le pays. Nous allons terminer cette année avec 2 milliards de stocks des hydro dans les barrages ce qui nous permet d’attaquer mieux l’année prochaine.
EDC a donc la maitrise de la gestion de l’eau en ce qui concerne les barrages. L’élément nouveau qui est conféré par le décret c’est Memve’ele. Ici on demande à EDC d’abord de terminer les travaux de Memve’ele et d’assurer l’exploitation de ce barrage, et de procéder à la vente de son énergie. C’est un élément nouveau extrêmement important par rapport aux missions d’EDC. Même l’usine de pied de Lom Pangar sera exploitée après sa construction par EDC de par ses missions qui sont prévues par le décret.
Comment va se dérouler la collaboration avec les autres acteurs du secteur ?
Le décret définit clairement les rôles, Il n y’a pas de conflit entre les acteurs…Cliquez sur le lien pour lire l’intégralité de cet entretienhttps://www.ekiosque.cm/journal-242632-Le-Quotidien-de-l’Economie-06-05-2020

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