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Le Directeur de publication du journal Intégration représentait les éditeurs de Presse d’expression française à la Commission nationale d’examens des demandes de l’Appui institutionnel de l’Etat aux médias à capitaux privés. Dans cet entretien, il revient sur les critères de répartition de l’enveloppe de 240 millions de FCFA.

Le ministre de la Communication, René Emmanuel Sadi a publié le 07 juillet 2020, la liste des médias et les montants alloués dans le cadre de l’Appui institutionnel de l’Etat aux médias à capitaux privés. Les montants oscillent entre 1 500 000 FCFA et 3 500 000 FCFA. Sur quels critères la répartition a été faite ?

La distribution s’est faite sur la base d’une grille d’évaluation. Elle avait des points qu’on attribuait à chaque dossier. Certains ont eu plus de points que d’autres. C’est ça qui explique la différence des montants. L’autre explication est que les quotidiens ont plus de poids que les trihebdomadaires,  les tri-hebdos ont plus de points que  les hebdos et les hebdos plus de points que les mensuels et trimestriels.

La différence du montant se joue aussi sur la qualité du dossier. Est-ce que toutes les pièces demandées sont versés ? Est-ce que ses pièces sont authentiques? Lorsqu’on a rempli ces premiers critères des pièces authentiques conformes et complètes du dossier, il y’a la périodicité qui joue.

Au regard des difficultés que rencontrent les médias, la somme de 240 millions FCFA est-elle suffisante pour permettre aux directeurs de publications de gérer leurs multiples problèmes ?

240 millions FCFA sont  largement insuffisant si nous comparons les pays qui ont à peu près le même niveau que nous, je pense à la Côte d’Ivoire. Dans ce pays, c’est en milliards de FCFA que l’Appui institutionnel est apporté alors que nous n’en sommes qu’à 240 millions FCFA. Si vous faites bien l’addition, vous verrez que la Presse a reçu finalement 200 millions FCFA (montant totalisé des 85 journaux).On ne peut pas dire que c’est quelque chose.  C’est insignifiant et nous avons un plaidoyer. C’est que l’Etat puisse remonter le niveau de financement de la presse au Cameroun pour qu’il puisse se chiffrer au moins au milliard de FCFA.

Où sont passés les 40 autres milliards FCFA ?

L’Appui institutionnel de l’Etat pour 2019 a permis à la presse d’avoir 200 millions de FCFA. Les 40 millions FCFA non reversés aux journaux sont partis dit-on au ministère de la Communication dans les taxes, impôts, et dans le fonctionnement de la commission.

Pourquoi l’Appui institutionnel s’applique désormais uniquement aux entreprises éditant les journaux et périodiques à des intervalles réguliers et les entreprises de presse en ligne ?

Il y’a eu un arrêté du Premier ministre en avril 2020 qui réorganisait l’aide à la Presse. C’est ainsi qu’on est parti de l’aide à la Presse pour l’Appui institutionnel de l’Etat aux médias à capitaux privés. Et dans cette réorganisation, il a été éliminé les maisons d’imprimeries, les maisons d’édition, les agences de publicité etc. Il est important de le souligner qu’il s’agit de la prise en compte d’un plaidoyer des éditeurs de presse qui ne comprenait pas pourquoi tous ces acteurs n’ayant rien à voir avec la production éditoriale écrite venait partager l’argent destiné aux médias écrits et cybernétiques.

L’Etat du Cameroun nous a écoutés, le Premier ministre a toiletté l’ancien texte et a pris en compte nos remarques et nos observations en restreignant l’appui uniquement aux entreprises de presse et de presse cybernétique. Pour nous c’est une bonne avancée mais à côté il faut signaler que l’Etat a ajouter d’autres conditions qui nous conviennent à savoir le dépôt de l’argent directement dans le compte bancaire des entreprises, l’obligation de justifier ce qu’on a fait avec cette argent puisqu’il s’agit des Fonds publics.

Quel est votre prochain combat ?

 L’argent  que nous avons reçu est une session de rattrapage de 2019. L’argent qui vient d’être attribué est l’argent de l’exercice budgétaire 2019. Notre combat est que l’Appui institutionnel de l’Etat pour la Presse à capitaux privées pour l’exercice 2020 puisse se faire avant octobre de cette année. C’est un appui que nous méritons mais qui est nécessaire afin que nous puissions sentir qu’il y’a véritablement eu quelque chose parce que l’argent que nous avons reçu cette semaine va juste nous permettre de rembourser les dettes. Nous lançons un appel aux dirigeants, au ministère de la Communication au ministère des Finances et au premier ministère. L’argent nous permettra de continuer la production dans un contexte économique difficile.

 Propos recueillis par Hervé Fopa Fogang

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