Accueil Economie Coopération multilatérale : La ville durable s’invite sommet Afrique-France de juin 2020

Coopération multilatérale : La ville durable s’invite sommet Afrique-France de juin 2020

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En prélude à cet événement, Christophe Guilhou, l’ambassadeur de France au Cameroun a réuni les acteurs camerounais, français et internationaux le 17 septembre 2019 pour échanger sur cette thématique.

Développer les villes durables pour faire face à la population grandissante

Yaoundé a abrité du 17 au 19 septembre 2019 la 3ème conférence internationale sur la mobilité urbaine (Mobilise Your City). Cette initiative réunit en effet les pays désireux de coopérer pour améliorer leurs systèmes de transport urbain tout en réduisant leurs émissions de gaz à effet de serre. C’est lors de la COP21 à Paris en 2015 que le Cameroun à adhérer à cette initiative car « résolument engagé à améliorer le confort de ses villes et réduire leur impact écologique ».

Ainsi, au cours de la conférence Mobilise Your City, Christophe Guilhou, l’ambassadeur de France au Cameroun a réuni les acteurs camerounais, français et internationaux sur la thématique de la ville durable. C’est une ville qui permet de continuer à accueillir de nouveaux habitants tout en restant bien ordonnée et économe en ressources. La thématique de la ville durable  sera au cœur du sommet Afrique-France qui réunira les chefs d’Etats africains du 4 au 6 juin 2020 à Paris et à Bordeaux. Selon Christophe Guilhou, la gestion des villes représente un défi particulier sur le continent africain surtout dans un contexte où la population urbaine de l’Afrique devrait tripler « pour atteindre 1,2 milliard d’habitants à l’horizon 2050 ».

Ainsi, face à une Afrique en pleine expansion, avec une population grandissante et un taux d’urbanisme de plus en plus élevé, les problématiques liées au développement durable et l’urbanisation se font de plus en plus pressantes. Il apparaît donc plus que nécessaire de repenser le mode de développement des villes, qu’elles soient anciennes, futures, petites, moyennes ou grandes, afin de garantir le respect des principes de développement durable. C’est dans ce cadre qu’Emmanuel Macron, président de la République française a décidé de dédier le prochain Sommet Afrique-France aux villes durables, thématique à part entière des 17 Objectifs de Développement Durable.

La ville de Yaoundé s’étend de 5 km tous les 10 ans

Les villes camerounaises comme les autres villes d’Afrique font face à l’accroissement démographique rapide. Au Cameroun par exemple, les projections montrent que pas moins de 65% des Camerounais habiteront en ville d’ici 2035. « Cela revient à dire que les villes camerounaises accueilleront  tous les 5 ans l’équivalent de la population actuelle de Douala. Plus frappant encore, les études récentes montrent que la ville de Yaoundé s’étend de 5 km tous les 10 ans. Face à un tel phénomène, il sera tout simplement impossible de faire l’économie de la planification et d’un engagement volontariste des autorités » explique Christophe Guilhou. Pour l’ambassadeur de France au Cameroun, les villes doivent rester attractives pour les investisseurs et les populations.

« Les autorités camerounaises l’ont d’ailleurs parfaitement compris. Elles ont été parmi les premières d’Afrique à adhérer à l’initiative Mobilise Your City ». Aujourd’hui, l’engagement du Cameroun informe-on porte ses premiers fruits. En effet, les villes de Douala et de Yaoundé sont « les premières à avoir élaboré leurs plans de mobilité urbaine durable (PMUD). Placé sous l’autorité du ministère de l’Habitat et du développement urbain, ce travail de « conception a bénéficié de l’appui technique de l’Agence Française de développement et du soutien financier de l’Union européenne et de la France ».

Les PMUD de Douala et de Yaoundé ont été présentés lors de  la troisième conférence Mobilise Your City. Dans un monde de plus en plus urbanisé souligne l’ambassade de France, l’organisation de la vie en ville est devenue un enjeu majeur car le confort des populations, des acteurs économiques mais aussi l’impact des villes sur l’environnement en dépendent directement. Le défi des villes d’accueillir de nouveaux habitants tout en restant bien ordonnée et économe en ressource peut être atteint grâce à un travail de conception approfondi « associant les autorités municipales, les cabinets d’étude spécialisés et les entreprises de travaux publics et de services urbains ».

Préserver l’environnement et lutter contre les changements climatiques

Les villes sont parmi les plus grandes sources de pollution, que ce soit par les déchets de l’activité humaine ou par l’émission des gaz à effet de serre. Or «  une ville écologique est tout à fait possible. Une meilleure planification permet déjà à elle seule de réduire la pollution. Ensuite, il faut faire des investissements judicieux en privilégiant les technologies non polluantes ». Plusieurs villes camerounaises font déjà l’expérience de ces technologies comme la ville de Yaoundé où le campus de l’université de Yaoundé I est desservi par des minibus à alimentation électrique. Ces bus introduits  à l’université de Yaoundé I, en mai 2014 sont le fruit du programme «Bolloré Blue Solutions», qui vise à faire de Bolloré Africa Logistics «un acteur mondial de premier plan dans les solutions de gestion et de stockage de l’électricité», indique le logisticien français.

Pour ce faire, le groupe a mis au point une batterie capable d’accumuler l’énergie solaire. Une fois chargée au moyen d’un transformateur relié à un parc solaire, à l’instar de celui construit sur le campus de l’Université de Yaoundé I, cette batterie fait fonctionner le bus électrique en autonomie pendant toute la journée, avant d’être rechargée le soir pendant huit heures. Aussi, l’on peut évoquer le cas de la ville de Bafoussam qui a introduit l’éclairage public aux panneaux solaires à l’échelle de la ville. « Ces solutions écologiques ont vocation à se généraliser pour créer des villes de demain plus propre et plus économe en ressources…l’ambition de construire des villes durables en Afrique n’est pas des moindres, mais elle est à notre portée, si les pouvoirs publics s’engagent durablement dans cette voie » affirme Christophe Guilhou.

Hervé Fopa Fogang

 

 

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