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Dr. Wilfried Pokam Mba : « Les appareils qui ont été installés vont contribuer à une meilleure compréhension du climat du Cameroun et de l’Afrique centrale »

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Dr. Wilfried Pokam Mba

Partenaire scientifique du projet Umfula et Impala pour pour la sous-région Afrique centrale, il revient sur l’importance de deux appareils installés au Cameroun dans le cadre de ces projets.

Quel est le rôle de la station météorologique automatique et du Lidar qui ont été installés à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé ?

Avant de donner le rôle des appareils qui ont été installés à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé, il faut d’abord souligner que l’un des problèmes qu’on a dans l’étude pour la compréhension du climat de l’Afrique centrale  est le fait que c’est un climat qui a été très peu étudier. Son fonctionnement de base n’est pas très bien connu et un des freins à la meilleure connaissance de ce climat est le manque de données d’observation fiable sur le terrain.Ainsi les appareils qui ont été installés ont pour but de contribuer à une meilleure compréhension du climat du Cameroun et de l’Afrique centrale par des données d’observation fiables et de hautes résolutions temporelles.

Parlez-nous du fonctionnement des appareils

Il y a deux appareils. La station météorologique automatique mesure les paramètres en surface c’est-à-dire des paramètres comme l’intensité du vent, l’intensité du rayonnement solaire, l’évapotranspiration, la température, les précipitations entre autre. Cet appareil fournit les données météorologiques au sol, lesquelles sont collectées toutes les minutes. Ces données ont une haute résolution temporelle. Le deuxième appareil qui est le Lidar mesure les paramètres atmosphériques notamment le vent et la concentration des poussières dans l’air jusqu’à une altitude de 6 km environ. En Afrique centrale, on n’a pas encore un appareil d’une telle performance

Les appareils ont été installés le 3 décembre 2018, y a-t-il déjà eu une évaluation ? Si oui, quel est le résultat ?

L’analyse de données collectées jusqu’ici n’a été faite que de manière préliminaire juste pour voir l’évolution de certains paramètres. Par exemple une analyse rapide de la précipitation a permis de situer exactement la date où les pluies ont commencé pendant cette saison. On a aussi regardé brièvement comment varie d’autres paramètres atmosphériques en fonction des précipitations et de la température notamment la pression atmosphérique sur le site (Yaoundé).

A quoi vont servir les données  que vous allez collectées ?

Comme je disais tantôt, on a encore plusieurs points d’ombres dans la compréhension du climat de l’Afrique centrale. Il faudrait qu’on ait une année de collecte de données minimum .Ils permettront de faire des analyses pour mieux comprendre le fonctionnement de l’atmosphère. Pour la ville de Yaoundé, les informations qui en découleront seront très importantes pour avoir une idée des phénomènes à l’origine soit de pluies très intenses ou de chaleur très fortes. Au-delà de Yaoundé, les appareils donneront des informations pour une meilleure compréhension du fonctionnement du climat dans la zone Afrique centrale.

Ce projet est le fruit d’une coopération entre l’université de Yaoundé I et l’université d’Oxford en Angleterre. Quel est l’apport de cette université ?

Premièrement tous les fonds relatifs au projet proviennent de l’université d’Oxford. De plus, les appareils qui ont été installés notamment la station automatique est un don de cette université. Aussi, il faut dire que l’université d’Oxford et le service de météorologie de Grande Bretagne sont leader en termes de science sur le climat et l’université de Yaoundé I bénéficie de leur expérience en termes d’analyse ou alors de compréhension du fonctionnement de notre climat. Les deux doctorants qui travaillent dans le cadre de ce projet ont eu à séjourné à Oxford. Nous profitons de cette tribune pour remercier le recteur de l’université de Yaoundé I le Pr. Maurice Aurelien Sosso pour son accompagnement dans le cadre de ce projet.

Pensez-vous que les deux appareils fonctionnels suffisent  pour pouvoir analyser tous les aspects de notre climat ?

C’est clair que les deux appareils qui sont installés ne peuvent pas répondre à toutes les questions même si on se limite seulement sur le territoire camerounais. Il faut multiplier ce type d’initiatives car un élément de base d’analyse du climat c’est les données d’observation. Ainsi, il faut densifier l’observation pour être plus efficient dans l’analyse. C’est un bon début parce que la qualité des données qu’on aura sera vraiment très intéressante puisqu’on utilise les appareils de dernière technologie.Le Cameroun avec ces appareils vient de faire un grand pas et nous sommes convaincus que le reste suivra.

Propos recueillis par Hervé FopaFogang